Et celui-là, qui m'avait aimée très fOrt, qui m'avait tOujOurs tOut dit, jusqu'au jOur Ou il avait cOmpris que j'avais une passiOn.
Un art, qui me suivrait partOut, qui serait là, à chacun de mes pas.
Il trOuvait ça hOrrible, en fait.
SavOir que pOur mOi, écrire était vital, ça le laissait perplexe.
Lui, il jOuait du pianO. 3 heures par jOur, parfOis bien plus. Mais bien sûr, c'était pas pareil.
Il rêvait pas d'en vivre, il n'essayait pas de se faire remarquer. Il jOuait et c'était bOn. Il jOuait, mais il s'en fichait, au fOnd.
Il pOuvait pas admettre que je dise nOn à un bOn film au ciné, à cause d'une idée sOrtie tOut drOit d'un de mes sOuvenirs, sOuvent.
J'avais tOut le temps qu'il disait. Ben, nOn.
Pas une secOnde à perdre. L'inspiratiOn, c'est tOut de suite Ou jamais.
Ca, ça l'emmerdait. Mais bOn. Il pOuvait s'y faire, passe encOre.
Et même, parce qu'On avait discuté et qu'il avait fait semblant d'admettre qu'une passiOn, c'est impOrtant, il allait lire mes textes.
Les lire et les aimer, il en était sur.
Je lui en ai mOntré des tas. Mais des vieux, j'étais pas prête à lui mOntrer ce qu'il dOnnait sur papier.
Il a adOré, je crOis. Ca se vOyait. A des détails que vOus n'auriez pas vu vOus, fallait de l'amOur pOur arriver à discerner ça.
Son air cOncentré, intOuchable, la fébrilité qui l'agitait quand il tOurnait les pages, sa mèche qui pendOuillait du mauvais cOté et qu'il laissait chOir, là .
Puis. Après des heures et des heures enrOulé dans sOn vieux sOfa, il m'a rejOint.
M'a dit que tOut ça, c'était jOli. Mais que je lui faisais peur.
Peur. Peur.
Je l'ai pris pOur un cOmpliment. C'était lOin d'en être un.
D'un cOup, il a eu l'air interessé par tOut ce que je faisais. SurtOut par les démarches.
Les cOups de fils aux éditeurs dOnt il s'était tOujOurs fichu rOyalement.
Les jOlies reliures que je faisais faire quand pleine d'espOir j'envOyais quelques textes dans une maisOn d'éditiOn quelquOnque.
Flattée j'étais.
Heureuse. Mon amOureux qui me suivait dans ma passiOn.
Tu parles. Il vOulait tOut lire, et au bOut d'un mOment, des vieux textes, y en à plus eu.
Il a bien fallu que je lui mOntre ce qu'il était, pOur mOi.
Son air cOncentré est devenu affOlé quand il s'est vu en hOmme écrit, triturer ses pOuces, rêver au pianO, faire l'amOur en chaussettes.
La crise, la crise.
De quel drOit t'écris tOut ça ? Et mOn avis ?
J'avais raisOn, t'es dangereuse, nuisible.
Comme je cOmprenais pas, il a mis les pOints sur les i.
Il refusait, tOut simplement d'être cOuché sur le papier. Et si On le recOnnaissait ?
J'ai beau eu me démener pOur le rassurer, lui dire que c'était rOmancé, que persOnne ne saurait jamais..
Il était pas d'accOrd.
Les mOts, ils les a vu uniquement cOmme des armes.
Il s'est senti inférieur. Je crOis que c'est à ce mOment là, ce mOment précis, que j'ai arrêté de l'aimer.
La, la seule chOse que j'aurais eu envie d'écrire, c'est que j'étais avec le rOi des cOns..
Et ce rOi, il m'a sOuhaité de ne jamais réussir.
Ah, ben mOn mignOn, c'est malin, je ferai tOut pOur.
Et pOur qu'un maximum de mOnde sache que tu me faisais l'amOur en chaussettes.]
By me.
02/06/05
FictiOn, encOre :-) qu'est ce que j'aime écrire..